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	<title>Un soir de pluie et de vent</title>
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	<description>Enfant du bitume, fils de pub et cœur d'artichaut, Thomas dans tous ses états, surtout les plus improbables.</description>
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		<title>Vrai travail</title>
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		<pubDate>Tue, 01 May 2012 14:07:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Étrange premier mai pour moi qui ai grandi en banlieue rouge, pour qui ce jour-là c&#8217;était celui des travailleuses, des travailleurs, et des brins de muguet. Les valeurs ont bien changé. Le Vrai Travail selon Nicolas Sarkozy n&#8217;est plus celui que j&#8217;ai connu. C&#8217;est celui qui ne demande rien, ne revendique rien, pose les drapeaux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Étrange premier mai pour moi qui ai grandi en banlieue rouge, pour qui ce jour-là c&#8217;était celui des travailleuses, des travailleurs, et des brins de muguet. Les valeurs ont bien changé.</p>
<p>Le Vrai Travail selon Nicolas Sarkozy n&#8217;est plus celui que j&#8217;ai connu. C&#8217;est celui qui ne demande rien, ne revendique rien, <em>pose les drapeaux et sert la France</em>. Ouvriers, ouvrières, travailleurs : <em>Vos gueules&nbsp;!</em> Soyez serviles, soyez dociles, courbez l&#8217;échine et dites merci, Nicolas s&#8217;occupe de tout. Le Vrai travailleur, aujourd&#8217;hui, souffre en silence et se satisfait de sa condition.</p>
<p>Quant à vous, fonctionnaires, enseignants, flics, payés au lance-pierre pour vous user la santé au service de la Nation, vous qui y laissez la vie&nbsp;: vous êtes des protégés, presque des assistés&nbsp;! Ne mouftez pas&nbsp;!</p>
<p>C&#8217;est là le vrai visage de la Sarkozie future. À l&#8217;usine comme à l&#8217;école, travailleurs au service de l&#8217;industrie ou fonctionnaires, un seul mot d&#8217;ordre&nbsp;: crevez, mais en silence&nbsp;!</p>
<p>Ou bien dimanche prochain, faites du bruit.</p>
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		<title>Vingt ans</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 14:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela fait vingt ans aujourd&#8217;hui. Aurore dort, calme, serrée contre mon cœur. La vie a triomphé, il demeure la blessure de sa grand-mère absente.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait <a href="/blog/2007/07/29/1991-annee-14-je-crois-que-maman-sest-tuee/" hreflang="fr">vingt ans</a> aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Aurore dort, calme, serrée contre mon cœur. La vie a triomphé, il demeure la blessure de sa grand-mère absente.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Aurore</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Aug 2011 10:28:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce quinze août, au matin. Le soleil réchauffait Paris désertée, l&#8217;air était frais encore, vivifiant. Le petit bistrot du boulevard de Port-Royal semblait encore à moitié endormi, comme moi qui n&#8217;avais guère fermé l&#8217;œil les nuits précédentes. Le café et le croissant chaud dégustés sur le zinc avaient ce goût de bonheur simple que ton [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce quinze août, au matin. Le soleil réchauffait Paris désertée, l&#8217;air était frais encore, vivifiant. Le petit bistrot du boulevard de Port-Royal semblait encore à moitié endormi, comme moi qui n&#8217;avais guère fermé l&#8217;œil les nuits précédentes. Le café et le croissant chaud dégustés sur le zinc avaient ce goût de bonheur simple que ton arrière-grand-mère affectionnait par-dessus tout. C&#8217;était le début d&#8217;une belle journée.</p>
<p>C&#8217;est le début d&#8217;une belle vie. Cela fait une semaine aujourd&#8217;hui que tes grands yeux curieux se sont ouverts sur le monde. Puissent-ils y découvrir autant de merveilles et de bonheur que ceux que tu nous donnes, à ta Maman et moi, à ton parrain et à toute la famille. Que la vie te soit douce comme ta peau de pêche qui m&#8217;a émerveillé dès la première caresse et que j&#8217;use de baisers, ma fillette adorée.</p>
<p>Ça fait encore tout drôle mais je vais bien devoir prendre le pli de signer&nbsp;: «&nbsp;Ton Papa&nbsp;».</p>
<p><img src="http://thomas.quinot.org/blog/wp-content/uploads/2011/08/Aurore_J1_crop.jpg" alt="Aurore, 12 août 2011" title="Aurore_J1_crop" width="273" height="200" class="aligncenter size-full wp-image-2171" /></p>
<div class="aligncenter"><em>Aurore, née le 12 août 2011 à Port-Royal.</em></div>
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		<title>L&#8217;attroupement</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Apr 2011 21:21:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Au coin des deux rues. Il y a un attroupement. Une voiture qui part, des gamins qui restent &#8212; il y a deux collèges dans le coin. C&#8217;est le printemps, le matin est frais. Clameurs. Pas de cris, pourtant. J&#8217;avance vers eux, c&#8217;est mon chemin. C&#8217;est là que je l&#8217;aperçois, entre deux voitures, sur le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au coin des deux rues. Il y a un attroupement. Une voiture qui part, des gamins qui restent &mdash; il y a deux collèges dans le coin. C&#8217;est le printemps, le matin est frais. Clameurs. Pas de cris, pourtant. J&#8217;avance vers eux, c&#8217;est mon chemin. C&#8217;est là que je l&#8217;aperçois, entre deux voitures, sur le trottoir d&#8217;en face.</p>
<p>Il-ou-elle est là, grotesquement tordu sur le bord du caniveau. Visage sans âge aux traits maintenant indistincts. Il ne s&#8217;est pas protégé de ses bras, il a embrassé le sol de plein fouet. Fenêtres ouvertes, quelques étages au-dessus&nbsp;?</p>
<p>Sous lui, la flaque de sang. Rouge, brillant. Téléphone, 17.</p>
<blockquote><p>
&ndash; L&#8217;adresse ?<br />
&ndash; 4, rue D***-T***&#8230;<br />
&ndash; Il parle&nbsp;?<br />
&ndash; Je ne me suis pas approché&#8230; J&#8217;ai pas l&#8217;impression qu&#8217;il soit en état&#8230;
</p></blockquote>
<p>Déjà, le deux-tons hurle, le camion rouge arrive, par ici, on fait signe, par là. Ils descendent, vite, vite, le gros kit sur le dos et les gants bleus.</p>
<p>Il est derrière le camion, rouge comme son sang, ils sont là maintenant. Reprendre mon chemin, sans tarder. Son corps disloqué sur le bord du trottoir, gravé dans ma mémoire.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>2010, année 33 &#8212; C&#8217;est là que tout commence</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 00:01:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>
		<category><![CDATA[Petits cailloux]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans l&#8217;hiver froid de deux mille neuf, une étoile a brillé. Bientôt, déjà, elle soufflera sa première bougie. Avec un peu d&#8217;avance, bon anniversaire, belle enfant. Illumine-nous encore de tes sourires quand tu découvres le monde. Ç&#8217;a été une de ces rares années de tournant, qui ne laissent pas les vies tout-à-fait dans l&#8217;état où [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l&#8217;hiver froid de deux mille neuf, une <a href="http://thomas.quinot.org/blog/2009/12/22/louise/" hreflang="fr">étoile</a> a brillé. Bientôt, déjà, elle soufflera sa première bougie. Avec un peu d&#8217;avance, bon anniversaire, belle enfant. Illumine-nous encore de tes sourires quand tu découvres le monde.</p>
<p>Ç&#8217;a été une de ces rares années de tournant, qui ne laissent pas les vies tout-à-fait dans l&#8217;état où elles les ont trouvées, et peu de temps pour les écrire quand on est en train de les vivre.</p>
<p>Apprivoisé patiemment, j&#8217;ai réappris à dire des mots longtemps tus. Je les ai entendus, aussi. <em>Je t&#8217;aime.</em></p>
<p>Entouré de copains, tous assidus, motivés, on s&#8217;est dépassés. On est arrivés à faire ce dont jamais je ne me serais cru capable. <em>Niveau IV n° 67694.</em></p>
<p>Un soir d&#8217;automne, j&#8217;ai brisé dix-neuf ans de silence. Sans y mettre les formes, sans circonlocutions policées. Brutal, peut-être, tant c&#8217;est venu presque sans prodromes. Pour que ça s&#8217;ouvre enfin, il fallait autre chose qu&#8217;une lame mousse. Il fallait y aller, tranchant dans le cuir. <em>Papa, je voudrais que tu me parles d&#8217;elle.</em></p>
<p>J&#8217;ai parié sur l&#8217;avenir. <em>Pacte civil de solidarité.</em></p>
<p><em><a href="http://ricochets.des-blogueurs.org/post/2010/11/30/2010%2C-ann%C3%A9e-33-C-est-l%C3%A0-que-tout-commence" hreflang="fr">Trente-troisième</a> <a href="http://ricochets.des-blogueurs.org/" hreflang="fr">petit caillou</a>.</em></p>
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		<title>Les amoureux et le philosophe</title>
		<link>http://thomas.quinot.org/blog/2010/10/12/les-amoureux-et-le-philosophe/</link>
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		<pubDate>Tue, 12 Oct 2010 07:39:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand Luc Ferry, ancien ministre du temps de Raffarin, se pique de parler d&#8217;Amour, on sent plus le bon sens paysan tendance café du commerce que l&#8217;avant-garde de la pensée philosophique. C&#8217;était dimanche, dans la télé. Trois entretiens, trois histoires. Un jeune couple romantique et fusionnel, un vieux couple désabusé, et puis une amoureuse et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand Luc Ferry, ancien ministre du temps de Raffarin, se pique de parler d&#8217;Amour, on sent plus le bon sens paysan tendance café du commerce que l&#8217;avant-garde de la pensée philosophique.</p>
<p>C&#8217;était dimanche, dans la télé. Trois entretiens, trois histoires.  Un jeune couple romantique et fusionnel, un vieux couple désabusé, et puis une amoureuse et ses deux amoureux&nbsp;: M., A. et moi, qui parlions d&#8217;amours au pluriel.</p>
<p>L&#8217;invité a fréquenté de près Carla B., il devrait donc savoir ce que c&#8217;est qu&#8217;une femme qui n&#8217;appartient jamais totalement à un seul homme. En tous cas, on aurait pu le croire, avant de le voir tenir le discours le plus rigidement conservateur qu&#8217;on puisse imaginer.</p>
<p>Extraits choisis d&#8217;une pensée délicieusement surannée, et notre réaction.</p>
<p><span id="more-2134"></span><br />
<object width="560" height="340"><param name="movie" value="http://www.youtube-nocookie.com/v/hSM9TXYxK1w?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube-nocookie.com/v/hSM9TXYxK1w?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="450" height="278"></embed></object></p>
<div style="text-align: right;">
<sup>[<a href="#footnote-1-2134" id="footnote-link-1-2134" title="See the footnote.">1</a>]</sup>
</div>
<p><center><br />
* * *<br />
</center></p>
<p>Monsieur le ministre,</p>
<p>Vous étiez ce dimanche matin l&#8217;invité de Catherine Ceylac dans son émission de France 2, «&nbsp;Thé ou Café&nbsp;», où vous présentiez votre dernier ouvrage, «&nbsp;La révolution de l&#8217;amour ».</p>
<p>Ce sujet était illustré par des entretiens avec deux couples exclusifs, ainsi qu&#8217;avec le trio que nous formons. Invité à commenter les relations de Meta avec ses deux amoureux, Thomas et Aurélien, vous avez tenu des propos aussi radicaux que lapidaires concernant notre vie sentimentale.  Nous croyons utile de vous faire part à ce sujet des quelques réflexions ci-après.</p>
<p>Vous déclarez péremptoirement :</p>
<blockquote><p>
«&nbsp;Ça ne durera évidemment pas, [...] C&#8217;est injouable, je suis prêt à prendre les paris. [...] La plupart des hommes ont cette tentation [mais] je n&#8217;ai jamais vu de femme amoureuse qui s&#8217;intéressait à plusieurs hommes en même temps.&nbsp;»
</p></blockquote>
<p>Ce jugement tranché nous interpelle à plus d&#8217;un titre. Au-delà du caractère éminemment sexiste de votre discours (la Femme serait naturellement déterminée à n&#8217;être qu&#8217;à un seul homme, l&#8217;Homme au contraire toujours enclin à s&#8217;égailler en-dehors du couple), vous oubliez d&#8217;observer plusieurs faits patents, aussi bien d&#8217;ordre particulier que de portée générale.</p>
<p>Au point de vue de notre situation singulière, vous niez la teneur même du propos que vous commentez, en déclarant qu&#8217;il est impossible que Meta aime à la fois Aurélien et Thomas. Elle est pourtant la première concernée, et c&#8217;est avec la plus grande sincérité qu&#8217;elle l&#8217;affirme devant la caméra. On peine à imaginer déni plus flagrant de la réalité. Le propos est dur, sans appel, pétri de mépris condescendant.</p>
<p>Cela pourrait n&#8217;être qu&#8217;un détail, pourtant, s&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;une réaction ponctuelle au montage de quelques secondes d&#8217;entrevue.  Seulement, il y a plus grave. Vous poursuivez par des considérations d&#8217;ordre général où, derechef, vous méconnaissez profondément le sujet dont il est question : l&#8217;Amour tel qu&#8217;il se vit au XXI<sup>e</sup> siècle.</p>
<p>Vous parlez de «&nbsp;révolution&nbsp;» pour décrire une mutation ancienne, au décours de laquelle le mariage comme institution patrimoniale par laquelle deux familles unissaient biens et noms a cédé le pas au «&nbsp;mariage d&#8217;amour » où deux individus entendent proclamer leur affection passionnée devant la Cité tout entière.</p>
<p>Vous en parlez comme quelque chose de nouveau. Or, c&#8217;était au siècle dernier. Vous ne manquez pas de resituer cette évolution dans son contexte historique, il y a un demi-siècle. C&#8217;est l&#8217;héritage de la génération de vos parents &#8212; celle de nos grands-parents.  Et ce que cette révolution a laissé en partage à ses enfants, c&#8217;est ce que nous avons connu dès nos plus jeunes années, dans les cours d&#8217;école : la banalisation du divorce et les familles recomposées.</p>
<p>C&#8217;est précisément parce qu&#8217;on s&#8217;est mis à se marier par amour qu&#8217;on s&#8217;est aussi mis à divorcer, et à se remarier, quand on ne s&#8217;aimait plus, et quand on aimait de nouveau. Le legs de cette révolution-là, c&#8217;est précisément la faillite du mariage «&nbsp;pour la vie&nbsp;». Il perd l&#8217;essentiel de sa substance dès lors qu&#8217;au lieu d&#8217;un moyen de droit visant à établir la filiation légitime des héritiers d&#8217;un patrimoine, on cherche à en faire le lieu de la manifestation sociale du lien amoureux.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas un hasard. C&#8217;est signe que les amours humaines sont labiles, plurielles, que chacune et chacun aimera et sera aimé-e plusieurs fois dans sa vie. C&#8217;est aujourd&#8217;hui évident, mais c&#8217;est loin d&#8217;être nouveau. Des rois et des reines aux simples gens du peuple, toutes les sociétés humaines qui se sont préoccupées de mettre en coupe réglée les rapports amoureux attestent qu&#8217;elles ont dû se préoccuper d&#8217;adultère.</p>
<p>Ce qui est nouveau, en revanche, mais semble échapper à votre regard pris par le carcan normatif que vous avez hérité des générations passées, c&#8217;est de prendre acte que la nécessité du mariage exclusif a vécu, et que ce qui s&#8217;est de tout temps pratiqué en secret peut se concevoir aujourd&#8217;hui comme un mode de relation humaine vécu et assumé sans honte, sans culpabilité. Nous osons vivre tout haut ce qui s&#8217;est toujours murmuré dans les chaumières.</p>
<p>Vous nous semblez, Monsieur le ministre, en retard d&#8217;une révolution, et c&#8217;est regrettable. Si en effet on ne saurait espérer d&#8217;une conversation de café du commerce une largeur de vue, un recul et une réflexion qui envisage de relire les rapports humains à l&#8217;aune d&#8217;autres critères que ceux de la perpétuation obstinée d&#8217;institutions caduques, nous attendions autre chose d&#8217;un esprit intellectuel qui prétend décrypter le monde contemporain.</p>
<p>Vous proposez, en conclusion, de prendre le pari que nous courons à l&#8217;échec. Vous nous donnez au mieux deux ou trois ans. Le singulier entrelacs de nos amours s&#8217;est tissé depuis un an, et chaque jour il est plus fort et plus profond. Nous relevons le pari, et vous donnons rendez-vous en deux mille douze. Nous verrons bien, alors, ce que sont nos amours devenues.</p>
<p>En espérant contribuer, par ces quelques observations, à l&#8217;élargissement de votre réflexion,</p>
<p>Nous vous prions, Monsieur le ministre, d&#8217;agréer l&#8217;expression de nos amours plurielles et authentiques et de nos philosophiques salutations.</p>
<p>Meta, Aurélien et Thomas.</p>
<br /><ol class="footnotes"><li id="footnote-1-2134">Crédit vidéo : <a href="http://the-ou-cafe.france2.fr/index-fr.php?page=emission&#038;id_rubrique=683">Thé ou Café</a> (France 2), émission du 10 octobre 2010.  <a href="#footnote-link-1-2134">&#8617;</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>De l&#8217;instrument et de la circonstance</title>
		<link>http://thomas.quinot.org/blog/2010/09/17/de-linstrument-et-de-la-circonstance/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 Sep 2010 21:27:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Des deux familles et des amis chers, peu manquaient à l&#8217;appel. La petite église, nichée au creux de la montagne, était baignée de soleil. Eux deux rayonnaient, émus. Ils venaient de s&#8217;unir &#171;&#160;devant Dieu et les hommes&#160;&#187;. Le prêtre, solennel, les a invités, avec leurs témoins, à signer le registre. Dans sa main, ça brillait. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Des deux familles et des amis chers, peu manquaient à l&#8217;appel. La petite église, nichée au creux de la montagne, était baignée de soleil. Eux deux rayonnaient, émus. Ils venaient de s&#8217;unir &laquo;&nbsp;devant Dieu et les hommes&nbsp;&raquo;. Le prêtre, solennel, les a invités, avec leurs témoins, à signer le registre.</p>
<p>Dans sa main, ça brillait. Même de loin, on le reconnaissait. Nulle méprise possible. C&#8217;était un Bic Cristal. Le vieux modèle pas cher qui tachait à l&#8217;école nos pages d&#8217;écriture. Corps transparent, friable quand on le mordillait, qu&#8217;on recyclait en sarbacane. Encre visqueuse et lourde qu&#8217;on étirait à grand&#8217;peine, et qui plus souvent qu&#8217;on n&#8217;aurait voulu laissait un beau pâté à la fin de nos lignes.</p>
<p>Je bouillais, indigné. Ces mots-là, ce jour-là, méritaient mieux que ça. Mieux que le trait gras et pesant qui laboure la page, mieux que cet instrument trivial et commun. Cette signature-là, qui témoignait de leur amour, qui devait déterminer leur vie future, qui scellait leur destin devant l&#8217;humanité, appelait un outil à sa dimension. Oh, pas nécessairement un objet hors de prix, pas une plume en or dans un corps de bois précieux, enfin, pas forcément, mais au moins une pointe fluide, de ces doux instruments qui tracent sans effort une ligne nette et pleine. Une pointe légère qui aurait glissé sur la page pour graver leur deux noms d&#8217;une caresse sensuelle et tendre.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Un barrage contre le belliqueux</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 22:21:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tranquille, la France avance. Comme un seul homme, elle marche au pas. Servile derrière ses chefs, elle boit avidement le sang de la colère et de la haine servi complaisamment. Elle siffle d&#8217;un trait le calice de la religion nouvelle, dont le Dieu n&#8217;est Amour que si l&#8217;Autre est bien de chez nous. Elle s&#8217;enivre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tranquille, la France avance.</p>
<p>Comme un seul homme, elle marche au pas. Servile derrière ses chefs, elle boit avidement le sang de la colère et de la haine servi complaisamment. Elle siffle d&#8217;un trait le calice de la religion nouvelle, dont le Dieu n&#8217;est Amour que si l&#8217;Autre est bien de chez nous. Elle s&#8217;enivre d&#8217;oubli en reprenant l&#8217;antienne&nbsp;&mdash;&nbsp;c&#8217;était il y a une vie, ceux qui ont combattu sont morts pour la plupart.</p>
<p>Elle n&#8217;a plus peur des mots. Haïr n&#8217;est plus tabou, et reléguer non plus, tant pis pour nos valeurs et pour l&#8217;État de droit. Pour la sécurité des sacro-saints jardins derrière ses maisonnettes, elle peut bien immoler ses lois et ses principes. Ceux-là même qui s&#8217;en trouvent fidéicommissaires les méprisent et les foulent.</p>
<p>La foule, indifférente, vaque. On lui pose la question, elle <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/08/05/securite-soutien-massif-pour-les-mesures-du-gouvernement_1396143_823448.html" hreflang="fr">approuve</a> et retourne à ses occupations estivales. </p>
<p>Des rares voix qui s&#8217;élèvent, nulle ne semble porter. Je me sens étranger, marginal ici. Nous qui nous indignons ne sommes plus qu&#8217;une poignée, que quantité négligeable. Au fronton de la Maison commune, «&nbsp;Liberté, Égalité, Fraternité&nbsp;» sonnent creux, lessivées par le déluge des annonces abjectes et le terrible cortège de leurs justifications absurdes.</p>
<p>La France, tranquille, s&#8217;enfonce. La nuit tombe sur les débris disloqués d&#8217;une République à la dérive.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>The invention of brunching</title>
		<link>http://thomas.quinot.org/blog/2010/05/13/the-invention-of-brunching/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 00:49:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;autre samedi, on est montés dans le Shortbus, M. et moi. On a roulé comme ça vers la Côte. On voulait voir la mer. On a vu le coucher de soleil sur la plaine du Vexin. Somptueux. On a vu l&#8217;autoroute, et à la nuit tombée la cathédrale de Rouen. Au pied, on a dîné, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;autre samedi, on est montés dans le Shortbus, M. et moi. On a roulé comme ça vers la Côte. On voulait voir la mer.<br />
<span id="more-2106"></span></p>
<p>On a vu le coucher de soleil sur la plaine du Vexin. Somptueux. On a vu l&#8217;autoroute, et à la nuit tombée la cathédrale de Rouen. Au pied, on a dîné, une brasserie décevante (l&#8217;adresse contre deux timbres) où nos voisins de table bitchaient à plein régime. On a repris la route, direction Étretat.</p>
<p>Las&nbsp;! Là les hôtels&nbsp;&mdash;&nbsp;ravissants&nbsp;&mdash;autour du Casino affichaient tous <em>Complet</em>. L&#8217;impro a ses limites, il faudrait s&#8217;en souvenir, histoire la prochaine fois de ne pas nous trouver à une heure du matin sans nulle part où dormir. Pour tout plan de repli, la «&nbsp;grande ville&nbsp;» locale. Le Havre.</p>
<p>On est arrivés, donc, épuisés mais heureux de trouver toit et lit, dans un établissement sans charme ni cachet. On s&#8217;est installés dans ces murs peints de blanc, au sol de plastique moche, imprimé façon bois, sorte d&#8217;hybride entre une chambre de cité U et une HLM des années soixante-dix. Dans la petite salle d&#8217;eau au carrelage refait on voyait subsister, dessous le bac de douche, les tout petits carreaux à la mode de l&#8217;époque.</p>
<p>Ce n&#8217;est qu&#8217;à l&#8217;aube de midi qu&#8217;ayant quitté la chambre, on a vu où on était tombés.</p>
<p>Les cubes de béton lourds aux imposantes colonnes, derniers rescapés d&#8217;une architecture post-soviétique sur le retour, reposaient, silencieux, au bord des artères vides. Vingt-cinq degrés et pas mal de sable en plus, on se serait cru à Kinshasha, <em> M. dixit</em>. J&#8217;en reste à Berlin-Est au temps de sa splendeur. Peu importait, d&#8217;ailleurs, ce qui comptait, comme n&#8217;importe quel dimanche à cette heure-là, c&#8217;était de trouver un brunch. C&#8217;est là seulement que les ennuis ont commencé.</p>
<p>On a vu des restaurants fermés. Des cartes imposantes de plateaux de fruits de mer et des choucroutes garnies. On a nourri l&#8217;espoir d&#8217;une table accueillante, de café, de tartines, d&#8217;œufs brouillés, du Graal gastronomique que d&#8217;un dimanche normal on est en droit d&#8217;attendre. À l&#8217;enseigne du <em>Bistrot parisien</em>, on s&#8217;est enquis. Le loufiat désolé semblait dubitatif.</p>
<blockquote><p>
Un brunch&#8230; Ça, non, je ne pense pas que vous trouverez en ville. Surtout un jour comme aujourd&#8217;hui, hein. C&#8217;est dimanche, vous savez&#8230;
</p></blockquote>
<p>Là, pendant un instant, on n&#8217;a plus vu grand&#8217;chose, étranglés qu&#8217;on était d&#8217;un fou-rire mal contenu, défense réflexe et instinctive d&#8217;<em>Homo sapiens</em> quand il tombe impromptu dans une faille spatio-temporelle. Aventuriers perdus aux confins reculés, téméraires explorateurs d&#8217;au-delà des lisières, on se retrouvait là dans un monde parallèle où l&#8217;idée même du brunch<sup>[<a href="#footnote-1-2106" id="footnote-link-1-2106" title="See the footnote.">1</a>]</sup> n&#8217;avait pas encore cours. Trente ans de décalage horaire.</p>
<p>En désespoir de cause nos pas nous ont mené dans un salon de thé, en haut d&#8217;une rue en pente où un restau fermé affichait sans vergogne une coupure de presse&nbsp;«&nbsp;Ouvert le dimanche, 12h00 à 18h00.&nbsp;» (Nul havrais, à vrai dire, n&#8217;avait dû s&#8217;aviser de la supercherie&nbsp;&mdash;&nbsp;il aurait pour cela fallu qu&#8217;il sortît dans la rue aux heures concernées. Apparemment, ça ne se fait pas.) Là enfin on a trouvé. Un café, un jus d&#8217;orange, quelques tartines (la formule petit-déjeûner). Et la carte du midi, œuf cocotte, assiette de saumon fumé. De bric et de broc, le brunch était recomposé.</p>
<p>On a vu le patron, comme frappé de stupeur, se dire «&nbsp;Tiens, c&#8217;est pas con&#8230;&nbsp;» Quitte à ouvrir pour rien, ou pour deux touristes égarés, il pouvait bien faire sienne cette idée étrangère, curieuse, exotique. Adopter la coutume des gens venus d&#8217;ailleurs, et le mettre à sa carte, ce repas introuvable de juste après grasse mat&#8217;.</p>
<p> Le progrès est en marche. Peut-être bien qu&#8217;un jour, vous passerez au Havre, un dimanche matin, et trouverez une table prête à vous restaurer. Pensez un peu à nous, alors, et à ce matin-là où <em>quelque chose</em> a changé.</p>
<p>Nous, après, on a vu les galets, au bord de l&#8217;eau salée. Et puis on est rentrés.</p>
<br /><ol class="footnotes"><li id="footnote-1-2106">«&#8230; introduit en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle. Il apparaît en France dans les années 1980&#8230;&nbsp;» Wikipedia, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Brunch" hreflang="fr">Brunch</a>.  <a href="#footnote-link-1-2106">&#8617;</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Entre les gouttes</title>
		<link>http://thomas.quinot.org/blog/2010/03/24/entre-les-gouttes/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 11:07:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[Un vendredi nuit. La péniche craquait doucement sur l&#8217;eau lisse du canal, perdue au bout d&#8217;un chemin dont le panneau avait dit ****heim, comme l&#8217;adieu du guide qui ne va pas plus loin, quelques kilomètres avant de lâcher l&#8217;affaire. Nous, les trois de Paris, on a fini par arriver, fourbus. Encore longtemps on a causé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un vendredi nuit.</em></p>
<p>La péniche craquait doucement sur l&#8217;eau lisse du canal, perdue au bout d&#8217;un chemin dont le panneau avait dit <em>****heim</em>, comme l&#8217;adieu du guide qui ne va pas plus loin, quelques kilomètres avant de lâcher l&#8217;affaire.</p>
<p><span id="more-2100"></span></p>
<p>Nous, les trois de Paris, on a fini par arriver, fourbus. Encore longtemps on a causé autour du vieux whisky. Patate, le gros molosse sympa, nous faisait la fête en bavant, et puis on s&#8217;est allés coucher. On croyait au sommeil, enfin. Auprès de M., je l&#8217;ai trouvé. Mais elle, non. Montée sur le pont, jusqu&#8217;au petit jour elle a épanché en mots la colère et la souffrance auxquelles je ne pouvais rien et que je n&#8217;avais pu voir.</p>
<p>Le jour d&#8217;après &#8212;&nbsp;samedi&nbsp;&#8212; on a brunché, ensomeillés, dans un pub de Strasbourg. Junon préparait la grande fête de son anniversaire, mais nous avait rejoints pour partager quelques sourires. On est rentrés siester, j&#8217;avais par-devers moi la nappe du restaurant griffonée de partout. Il faudrait aller voir, et lui écrire aussi. [Bientôt.] Pour les uns la nuit courte, pour les autres la nuit blanche, rendaient indispensable un moment de relâche avant de ressortir.</p>
<p><center>* * *</center></p>
<p><em>Le soir d&#8217;après</em></p>
<p>Chu nous a rejoints. Mes mains, timides, ont retrouvé sa peau, douce.  Peau-mme de discorde. Tension triangulaire de leur trouple tragique&nbsp;: elle, lui, elle. Je demeure sagement à ce qu&#8217;il faut d&#8217;écart. Je ne suis pas partie à ce qui se joue là. C&#8217;est d&#8217;elle et lui surtout qu&#8217;il est question alors. Il leur faut dénouer les entraves massives qui musèlent les douleurs depuis trop longtemps tues. Chu non plus n&#8217;y peut rien, d&#8217;ailleurs, sur le banc étendue, seule, que je réconforte d&#8217;un peu de doux silence.</p>
<p>Elle et lui déchirés, M. et A. en médiateurs, c&#8217;est un sommet tendu.  Chu et moi, à côté, en colloque singulier, on ne dérange qu&#8217;à peine l&#8217;atmosphère oppressante de la cellule de crise. Dans le silence palpable de leurs mots acérés, nos soupirs et nos cris sonnent presque incongru.  Distraits, ils riraient presque.</p>
<p><center>* * *</center></p>
<p><em>Dimanche, vers l&#8217;heure du brunch</em></p>
<p>La crise a reflué, à force de bons offices. Des mots dits, décisifs, peut-être, on ne sait pas. Bien trop tôt pour le dire, sans doute.  Dans son sillage le vide, et pour Chu le vertige. Saisie du ciel de traîne de l&#8217;orage nocturne, à son tour elle se fêle.</p>
<p><center>* * *</center></p>
<p><em>À la nuit tombante, un parking</em></p>
<p>On a dit au revoir aux amis du bateau. L&#8217;eau verte du canal est restée derrière nous, elle et Patate nous on fait de grands signes, tandis que le Shortbus repartait vers Paris. Et puis les yeux d&#8217;A. se sont voilés de larmes, et on s&#8217;est arrêtés le temps qu&#8217;il les épanche.</p>
<p><center>* * *</center></p>
<p>Je suis arrivé seul à la maison. Dans la bouche, le goût de fer du sang, le goût de sel des larmes, ténus, comme voilés. Je suis passé entre les gouttes. De nous six, je suis le seul à ne m&#8217;être pas départi d&#8217;un flegme inoxydable. Suis-je donc si solide&nbsp;? Ou suis-je parti loin, derrière d&#8217;épaisses murailles, à jamais étranger au feu dévastateur des émotions humaines&nbsp;?</p>
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