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	<title>Un soir de pluie et de vent &#187; Le vaste monde</title>
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	<description>Enfant du bitume, fils de pub et cœur d'artichaut, Thomas dans tous ses états, surtout les plus improbables.</description>
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		<title>Partir c&#8217;est flipper un peu</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Sep 2008 22:28:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le vaste monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Parce qu&#8217;il va bien falloir laisser en plan les problèmes de fuites d&#8217;eau et les mille autres petits tracas dont, par la force des choses, je ne m&#8217;occuperai pas au cours des deux prochaines semaines. Et parce que je me demande toujours ce que j&#8217;ai oublié de mettre dans le sac. Ou ce qu&#8217;il peut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parce qu&#8217;il va bien falloir laisser en plan les problèmes de fuites d&#8217;eau et les mille autres petits tracas dont, par la force des choses, je ne m&#8217;occuperai pas au cours des deux prochaines semaines.</p>
<p>Et parce que je me demande toujours ce que j&#8217;ai oublié de mettre dans le sac. Ou ce qu&#8217;il peut arriver à la maison pendant mon absence. L&#8217;ordinateur malin qui choisit le meilleur moment possible pour planter (et mettre en berne ces pages, quelques autres, et quelques boîtes aux lettres par la même occasion). Un cambrioleur qui viendrait visiter les lieux en mon absence&#8230; Ou pire encore, le gaz, le feu. Non, ne pas y penser, j&#8217;aurai bien le temps d&#8217;avoir peur au moment du retour, juste avant de découvrir si mon nid, mon cocon, est toujours à sa place.</p>
<p>Pour l&#8217;instant je me demande surtout avec inquiétude si nous aurons beau temps, si les gens seront sympa, si j&#8217;arriverai à m&#8217;intégrer au groupe. On ne passe pas impunément tant d&#8217;années de sa vie comme un loup solitaire sans que ça laisse de traces. J&#8217;aurais aimé partir avec quelques amis. Avoir ces points d&#8217;ancrage, rassurants. Mais ils ne pouvaient pas, pas maintenant, bref, ça ne s&#8217;est pas fait. Je dois vous laisser là, vous mes sourires si précieux. Affronter seul ces visages inconnus. Et je n&#8217;en mène pas large.</p>
<p>Allez, ça va être chouette. À dans quinze jours, les copains.</p>
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		<title>L&#8217;île verte</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Sep 2006 22:50:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le vaste monde]]></category>

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		<description><![CDATA[On approchait la terre et ce qui m&#8217;a frappé, c&#8217;était cette île toute verte au milieu de l&#8217;eau bleue. À flanc de montage, Fort-de-France nichait ses barres de béton clair au milieu d&#8217;une forêt dense et luxuriante&#160;: une écume de ville dans un océan de verdure. La Martinique se drapait de vert jusqu&#8217;à tremper ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On approchait la terre et ce qui m&#8217;a frappé, c&#8217;était cette île toute verte au milieu de l&#8217;eau bleue. À flanc de montage, Fort-de-France nichait ses barres de béton clair au milieu d&#8217;une forêt dense et luxuriante&nbsp;: une écume de ville dans un océan de verdure. La Martinique se drapait de vert jusqu&#8217;à tremper ses atours dans la mer des Caraïbes.</p>
<p><img style="margin-left: 10pt; float: right;" id="image1888" src="http://thomas.quinot.org/blog/wp-content/uploads/2006/09/2151_36.sized.jpg" alt="La mer des CaraÃ¯bes vue de la piscine (UCPA Saint-Pierre, Martinique)" />Le samedi suivant nous étions sur la route à l&#8217;intérieur des terres, quelque part entre les Salines et Saint-Pierre, et j&#8217;ai cru revivre les vacances campagnardes de mon enfance, au fin fond du bas-Berry. Je retrouvais ces routes qui montent et descendent dur, qu&#8217;on dévalait avidement sur nos petits vélos, gamins insouciants. Les mêmes prés, les mêmes haies&#8230; Avec juste un cocotier ici qui aurait peut-être été un noisetier là-bas.</p>
<div style="clear: both;">&nbsp;</div>
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		<title>L&#8217;arrache-corps</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Sep 2006 23:51:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>
		<category><![CDATA[Le vaste monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Où l&#8217;auteur s&#8217;embarque dans des pérégrinations vélocipédiques qui expliquent, a posteriori, son silence de ces derniers jours. On s&#8217;était donné rendez-vous à l&#8217;aube du matin. Encore tout cotonneux, pleins de lambeaux de nuit, on s&#8217;était retrouvés, une petite trentaine, collègues et puis copains, sur le quai de la gare. On était arrivés à Saint-Pierre-des-Corps à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Où l&#8217;auteur s&#8217;embarque dans des <a href="http://thomas.quinot.org/blog/2006/08/23/piscine-semaine-9/" hreflang="fr">pérégrinations vélocipédiques</a> qui expliquent, </em>a posteriori<em>, son silence de ces derniers jours.</em></p>
<p><span id="more-1883"></span>On s&#8217;était donné rendez-vous à l&#8217;aube du matin. Encore tout cotonneux, pleins de lambeaux de nuit, on s&#8217;était retrouvés, une petite trentaine, collègues et puis copains, sur le quai de la gare. On était arrivés à Saint-Pierre-des-Corps à peine une heure plus tard. Les Mirage déchiraient le ciel de Touraine, gros oiseaux qui hurlaient dans le ciel nuageux. Et dès le premier jour on avait pédalé, mangé les kilomètres en poussant sur les cuisses et en pensant seulement à la route devant pour oublier un peu nos culs endoloris. (Oui, le vélo, même avec une bonne selle, ça finit par faire mal après soixante-six bornes). Escale à Chenonceaux, on s&#8217;est émerveillé sur les cuivres brillants et les marbres d&#8217;époque de la cuisine du château.</p>
<p>Le deuxième matin, le petit-déjeûner vite avalé, on s&#8217;est remis en route sur le coup de huit heures. Il y avait bien de la route à faire, cinquante kilomètres avant d&#8217;être à Chambord, battus d&#8217;une pluie froide qui vous bouchait la route et vous noyait les yeux, puis séchés par la brise encore douce avant de traverser le parc par le chemin sinueux aux senteurs de pin et de fougère humide. Une visite expresse du domaine royal, et puis rouler encore, car c&#8217;est à Blois que nous attendait le déjeûner.</p>
<p>Soixante-douze kilomètres, c&#8217;était la distance du matin. Mais c&#8217;est après le repas que ça s&#8217;est corsé. Là, plus de forêt. Les champs à perte de vue, terre nue à gauche, à droite les tournesols fanés, figés dans l&#8217;expectative d&#8217;une prochaine faucheuse qui se faisait attendre. La route grimpait doucement. Elle se faisait parfois insidieuse, en faux-plat fourbe qui n&#8217;avait l&#8217;air de rien mais qu&#8217;on sentait bien là, sous les pieds, plus dur à chaque tour de roue. Et d&#8217;un coup attaquait frontalement, étalant jusqu&#8217;à l&#8217;horizon des côtes qu&#8217;on voyait de loin et qui alors nous anéantissaient du seul fait d&#8217;être devant nous. Elles nous attendaient de pied ferme pour une lutte sans merci, narquoises et tranquilles.</p>
<p>Et il est arrivé. Notre ennemi invisible. Le vent.</p>
<p>Lui, il te dévore. Il t&#8217;attrape. Il te prend à bras-le-corps. Il te prend face à face, et toi tu n&#8217;es plus rien. Tu crois que tu peux te battre, bien sûr. Ce n&#8217;est pas lui qui va t&#8217;empêcher d&#8217;avancer. Non ? Il siffle à tes oreilles, obsédant. Il se glisse partout, il prend prise sur chaque centimètre carré de ton être, il s&#8217;accroche et tient bon. Toute l&#8217;énergie que tu veux mettre à avancer, il l&#8217;absorbe, il la suce comme une tique géante pendant que tu t&#8217;épuises. Même sur une route plate, c&#8217;est dur comme une montée qui ne s&#8217;arrête jamais. Sauf qu&#8217;en plus à la fin tu n&#8217;es même pas plus haut, il n&#8217;y aura pas de descente pour te reposer. Il faudra continuer encore et encore et tu ne sais pas quand ça va s&#8217;arrêter. Il hurle dans tes oreilles, il vide chacun de tes muscles de sa substance, et toi tu désespères, tu peines, tu as mal et tu n&#8217;avances plus. Mais il faut avancer pourtant car tu es encore loin. Alors tu hurles ta rage à la plaine dénudée, tu descends un braquet et tu pousses de plus belle.</p>
<p>Ce soir-là à Vendôme j&#8217;ai rêvé de vélo et j&#8217;entendais encore, la tête sur l&#8217;oreiller, les bruits de la machine. J&#8217;appréhendais le troisième et dernier jour, repartir encore une fois, quatre-vngt kilomètres nous séparaient de l&#8217;arrivée ultime. Pourtant, ce fut ludique et primesautier toute la journée, du petit chemin de terre pierreux, technique et délicieux malgré les cahots qui suppliciaient nos arrière-trains meurtris, à la dernière échappée avant le point final, à jouer au chat et à la souris avec Florian, tout autant épuisés qu&#8217;on était, mais sans qu&#8217;aucun des deux ne puisse imaginer se laisser distancer.</p>
<ul>
<li>Jour 1&nbsp;: <strong>66 km</strong> (Saint-Pierre-des-Corps &raquo; Chenonceaux &raquo; Montrichard).</li>
<li>Jour 2&nbsp;: <strong>108 km</strong> (Montrichard &raquo; Chambord &raquo; Blois &raquo; Vendôme).</li>
<li>Jour 3&nbsp;: <strong>80 km</strong> (Vendôme &raquo; Courcelles-de-Touraine).</li>
</ul>
<p>Et au bout de tout ça&nbsp;? Le souvenir d&#8217;en avoir bavé, ensemble, et la fierté de l&#8217;avoir fait.</p>
<p><em>Spécial merci à <a href="http://greuh.eu.org/" hreflang="fr">Greuh</a> et Michaël pour l&#8217;organisation, et à Kathy pour l&#8217;assistance sur tout le parcours.</em></p>
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		<title>Un lundi au soleil, fragment 6 &#8212; Petite musique d&#8217;avril</title>
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		<pubDate>Tue, 02 May 2006 21:59:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La musique d&#8217;abord. Tout doucement se rapprocher, fermer les yeux et oublier même les notes. Juste être là et toi dans mes bras. Et puis plus tard, au creux des nuits, connaître ton corps sur le bout des doigts. Et apprendre tes yeux par cœur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La musique d&#8217;abord. Tout doucement se rapprocher, fermer les yeux et oublier même les notes. Juste être là et toi dans mes bras. Et puis plus tard, au creux des nuits, connaître ton corps sur le bout des doigts.</p>
<p>Et apprendre tes yeux par cœur.</p>
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		<title>Un lundi au soleil, fragment 5 &#8212; Sortie de route</title>
		<link>http://thomas.quinot.org/blog/2006/04/27/un-lundi-au-soleil-fragment-5-sortie-de-route/</link>
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		<pubDate>Thu, 27 Apr 2006 21:02:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le vaste monde]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;étais sur l&#8217;île pour six jours. Avant, ç&#8217;avait été Roissy, l&#8217;embarquement rocambolesque (va donc avitailler donc dix-sept personnes en frites et hamburgers en pleine aérogare cinq minutes avant l&#8217;heure limite d&#8217;enregistrement), après ce serait l&#8217;avion encore, le soleil de nouveau timide et la fraîcheur des printemps d&#8217;ici. C&#8217;était juste un passage, un détachement seulement temporaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;étais sur l&#8217;île pour six jours. Avant, ç&#8217;avait été Roissy, l&#8217;embarquement rocambolesque (va donc avitailler donc dix-sept personnes en frites et hamburgers en pleine aérogare cinq minutes avant l&#8217;heure limite d&#8217;enregistrement), après ce serait l&#8217;avion encore, le soleil de nouveau timide et la fraîcheur des printemps d&#8217;ici.</p>
<p>C&#8217;était juste un passage, un détachement seulement temporaire de ma vie habituelle, et rien ne m&#8217;avait laissé présager les rencontres que je ferais là-bas. Celles et ceux-là avaient quitté les climats tempérés des cieux de leur naissance, pour un mois, pour un an, certains pour plus encore. Devenus GO, instructeurices de plongée, ils avaient décidé de quitter un métier, une ville, un pays, des amis. Certains doutaient de jamais pouvoir se faire à l&#8217;idée de rentrer un jour.</p>
<p>Aurais-je eu leur courage, leur détermination ? Est-ce que ça pourrait m&#8217;arriver, de « tout plaquer », changer radicalement de direction et repartir&#8230; ailleurs, autrement ? Qu&#8217;y a-t-il dans ma vie d&#8217;ici qui me soit fondamentalement indispensable ? Paris ? Quelques ami-e-s infiniment précieux, et un endroit où faire nicher ma solitude chérie ?</p>
<p>À des milliers de kilomètres, en plein océan indien, j&#8217;ai été saisi par le vertige du chemin que j&#8217;avais parcouru. Le ruban tout tracé continuait devant moi, à perte de vue. Et jamais je n&#8217;avais pensé à couper à travers champs.</p>
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		<title>Un lundi au soleil, fragment 4 &#8212; Viens nous voir à Kanifinolhu</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Apr 2006 13:56:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le vaste monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Dès notre arrivée sur l&#8217;île, on est baigné dans l&#8217;atmosphère Club Med. Ici, une règle d&#8217;or est respectée partout, tout le temps. Tu croises un GO (gentil-le organisateurice, le personnel du Club), il te sourit, te dit bonjour, et pour peu que tu ne sois pas en train de courir vers le bar, en retard [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dès notre arrivée sur l&#8217;île, on est baigné dans l&#8217;atmosphère <em>Club Med</em>. Ici, une règle d&#8217;or est respectée partout, tout le temps. Tu croises un GO (<em>gentil-le organisateurice</em>, le personnel du <em>Club</em>), il te sourit, te dit bonjour, et pour peu que tu ne sois pas en train de courir vers le bar, en retard pour le rendez-vous de l&#8217;apéro, te fera même un brin de conversation.</p>
<p>C&#8217;est le concept, le service formaté qui t&#8217;est vendu ici. Du sourire, de la convivialité, tout le monde se tutoie, c&#8217;est fête au village. « Tu as fait quoi toi aujourd&#8217;hui ? Oh, moi, balade sur la plage, sieste, beach volley, plongée, biffer la mention inutile&#8230; » Bien sûr certains, dès l&#8217;abord, épinglent la superficialité, l&#8217;artifice de la relation lisse avec ces « copains en service commandé » qui, même au bar pendant la soirée, sont toujours au boulot, là pour toi, toujours frappés de leur badge aux armes du Club.</p>
<p>Ce serait presque une évidence de trouver le procédé hypocrite et trompeur. Pourtant il y a là une expérience, peut-être plus intéressante qu&#8217;il n&#8217;y paraît, de psychologie sociale. Si c&#8217;était cela, justement, l&#8217;idée&nbsp;? Faire naître chez l&#8217;humain une sorte de bien-être en le baignant simplement dans un microcosme où tout le monde lui sourit. Par simple mimétisme, par instinct animal, il se sentira mieux, il sourira lui-même. C&#8217;est contagieux. Et j&#8217;en ai profité sans honte aucune. Joué le jeu, parce que c&#8217;était bon. Et je suis rentré en emportant au fond de mon sac un peu de ce soleil et de tous ces sourires-là.</p>
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		<title>Un lundi au soleil, fragment 3 &#8212; Histoires parallèles</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Apr 2006 14:52:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous avons voyagé en groupe. Trente-neuf au total, collègues, époux-ses, enfants petits et grands. Chacun, sur l&#8217;île, tisse sa propre histoire, qui contient en elle-même une image de toutes les autres&#160;: je m&#8217;imagine leur vie, ils s&#8217;imaginent la mienne. Et ainsi les temps filent, et nos histoires aussi. Chacun de son côté, on fait sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons voyagé en groupe. Trente-neuf au total, collègues, époux-ses, enfants petits et grands. Chacun, sur l&#8217;île, tisse sa propre histoire, qui contient en elle-même une image de toutes les autres&nbsp;: je m&#8217;imagine leur vie, ils s&#8217;imaginent la mienne.</p>
<p>Et ainsi les temps filent, et nos histoires aussi. Chacun de son côté, on fait sa bulle, on fait sa vie. Il y en a, on ne les croise que le soir au dîner&nbsp;; et si l&#8217;île ne fait que huit cents mètres sur deux cent cinquante, c&#8217;est déjà assez grand pour laisser une grande part de mystère sur ce que font les autres. Trente-neuf histoires parallèles se déroulent sans jamais se rejoindre.</p>
<p>Pourtant, parfois, les fils se croisent. Au clair de lune, bien avant les petites heures de l&#8217;aube, le bord de la piscine bruisse de confidences. Les bulles s&#8217;entr&#8217;ouvrent, les fils se croisent. Pour un court instant, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Parques">Lachésis</a> s&#8217;emmêle, les destinées se nouent par les secrets confiés.</p>
<p>Et puis tout le monde passe à l&#8217;eau.</p>
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		<title>Un lundi au soleil, fragment 2 &#8212; Ça plane pour moi</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Apr 2006 16:47:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eau et bulles]]></category>
		<category><![CDATA[Le vaste monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Petit, j&#8217;avais appris, comme tous les enfants d&#8217;homme, à marcher debout, en avant, en arrière, parfois sur le côté aussi. Mes horizons s&#8217;appelaient Nord, Sud, Est et Ouest, et la terre sous mes pieds me rappelait que c&#8217;étaient là les quatre seules directions par où mes pas iraient. Mais cette semaine, j&#8217;ai accroché à mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Petit, j&#8217;avais appris, comme tous les enfants d&#8217;homme, à marcher debout, en avant, en arrière, parfois sur le côté aussi. Mes horizons s&#8217;appelaient Nord, Sud, Est et Ouest, et la terre sous mes pieds me rappelait que c&#8217;étaient là les quatre seules directions par où mes pas iraient.</p>
<p>Mais cette semaine, j&#8217;ai accroché à mon dos un réservoir d&#8217;alu, chaussé des nageoires de plastique, et fait « un pas de géant ». Le sol s&#8217;est dérobé et l&#8217;eau m&#8217;a enveloppé, tiède. Partout présente.</p>
<p>Le gilet stabilisateur se dégonfle, je ne flotte plus, je glisse doucement vers le bas. Une troisième dimension d&#8217;espace vient de s&#8217;ouvrir : je peux enfin voler ! Oiseau, ou peut-être poisson, je découvre petit à petit comment monter, descendre, me poser en douceur sur le fond sablonneux. J&#8217;apprends à jouer avec mes poumons, pour flotter un peu plus, un peu moins. Je découvre aussi que je peux monter ou descendre d&#8217;un simple coup de palmes. Dans ce monde, je suis un nouveau-né : je fais connaissance avec une nouvelle façon d&#8217;être-là et de me déplacer.</p>
<p>J&#8217;avais oublié le <a href="http://thomas.quinot.org/blog/2006/04/19/un-lundi-au-soleil-fragment-1-lenvol-du-temps/" hreflang="fr">temps</a>. Maintenant, je redécouvre l&#8217;espace. Sous l&#8217;œil circonspect d&#8217;un requin à pointe blanche, d&#8217;une murène tachetée, j&#8217;apprends la liberté.</p>
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		<title>Un lundi au soleil, fragment 1 &#8212; L&#8217;envol du temps</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Apr 2006 21:21:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le vaste monde]]></category>

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		<description><![CDATA[La journée n&#8217;avait pas été de tout repos. Le matin tôt, j&#8217;avais fermé la maison pour la semaine, et j&#8217;avais embarqué pour le bureau chargé comme un baudet, avec armes et bagages, et aussi cette pointe d&#8217;angoisse qui accompagne chaque départ pour une contrée lointaine. Une journée de travail remplie au maximum pour libérer ma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La journée n&#8217;avait pas été de tout repos. Le matin tôt, j&#8217;avais fermé la maison pour la semaine, et j&#8217;avais embarqué pour le bureau chargé comme un baudet, avec armes et bagages, et aussi cette pointe d&#8217;angoisse qui accompagne chaque départ pour une contrée lointaine. Une journée de travail remplie au maximum pour libérer ma tête des affaires en souffrance avaient finalement gommé la peur sournoise qui me nouait les tripes, et la fatigue l&#8217;avait même transmuée en une ivresse joyeuse et inoxydable. Tous ensembles nous partions pour un coin de paradis sur Terre.</p>
<p>À près de neuf mille kilomètres de là, nous descendons de l&#8217;avion. Sorti sur le tarmac en tenue parisienne, je marche quelque pas dans la moiteur brûlante avant de m&#8217;arrêter là, tant il est impérieux, par simple réflexe de survie, de quitter sur-le-champ pull et blouson. Le hall est heureusement climatisé. Nous confions nos bagages aux GO venus nous accueillir, et nous nous posons là, à la terrasse du bar, terrassés de chaleur.</p>
<p>Épuisé par la dette de sommeil des jours précédents conjuguée aux heures de sommeil tordu sur un siège de charter, hébété de lumière et de canicule, je ne sais déjà plus très bien quel jour on est. Je ne sais pas très bien non plus quelle heure il est, et à ce moment-là en vérité cela n&#8217;a pas vraiment d&#8217;importance. Je ne pense même pas à régler ma montre sur le fuseau horaire local. Tout cela me devient étrange, étranger, je sens confusément que j&#8217;ai perdu de vue ce que pouvaient signifier ces aiguilles qui se courent après sur mon poignet.</p>
<p>Pour un moment fugace, le temps se défile, sa trame se relâche, et je glisse entre les mailles.</p>
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		<title>Un lundi au soleil</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Apr 2006 21:50:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le vaste monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Silence radio complet la semaine passée&#8230; car j&#8217;étais à neuf mille kilomètres de la maison, et hors d&#8217;atteinte de toute espèce d&#8217;accès Internet. J&#8217;ai ressorti les cahiers et les crayons, noté ce qui me passait par la tête, et surtout profité du soleil, du sable blanc et de l&#8217;eau turquoise du lagon. Dès demain, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Silence radio complet la semaine passée&#8230; car j&#8217;étais à neuf mille kilomètres de la maison, et hors d&#8217;atteinte de toute espèce d&#8217;accès Internet. J&#8217;ai ressorti les cahiers et les crayons, noté ce qui me passait par la tête, et surtout profité du soleil, du sable blanc et de l&#8217;eau turquoise du lagon. Dès demain, le soleil des Maldives s&#8217;invitera ici pour quelques pages du carnet de voyage.</p>
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