L’attroupement
Jeudi 28 avril 2011Au coin des deux rues. Il y a un attroupement. Une voiture qui part, des gamins qui restent — il y a deux collèges dans le coin. C’est le printemps, le matin est frais. Clameurs. Pas de cris, pourtant. J’avance vers eux, c’est mon chemin. C’est là que je l’aperçois, entre deux voitures, sur le trottoir d’en face.
Il-ou-elle est là, grotesquement tordu sur le bord du caniveau. Visage sans âge aux traits maintenant indistincts. Il ne s’est pas protégé de ses bras, il a embrassé le sol de plein fouet. Fenêtres ouvertes, quelques étages au-dessus ?
Sous lui, la flaque de sang. Rouge, brillant. Téléphone, 17.
– L’adresse ?
– 4, rue D***-T***…
– Il parle ?
– Je ne me suis pas approché… J’ai pas l’impression qu’il soit en état…
Déjà, le deux-tons hurle, le camion rouge arrive, par ici, on fait signe, par là. Ils descendent, vite, vite, le gros kit sur le dos et les gants bleus.
Il est derrière le camion, rouge comme son sang, ils sont là maintenant. Reprendre mon chemin, sans tarder. Son corps disloqué sur le bord du trottoir, gravé dans ma mémoire.
Vingt ans
Vingt ans et que de chemin(s) parcouru(s)....
Une bise à tous les deux.
1991, année 14 — Je crois que Maman s’est tuée
Je lis ces mots, que j'ai déjà...
84 Charing Cross Road
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