Les mères impossibles
Samedi 31 octobre 2009C’était au jap’ après le ciné, l’autre dimanche. Avec M. on s’était installés à côté d’elles, la mère et la fille. La mère grandiloquente et théâtrale d’indignation, pétrie de vieille rancœur contre un mari parti, la fille tenue sous son emprise, sommée de répéter les mots longuements appris de haine contre l’absent. La mère qui veut absolument assister à l’exposé de sa fille. La fille qui défend comme elle peut la dernière parcelle de son territoire, ses études, sa vie. Non, je ne veux pas que tu viennes, je ne te dirai pas à quelle heure c’est.
Il y a encore celle qui, à la soutenance de thèse de sa fille, voudrait amener son chien. Non, Maman, ça ne se fait pas. Il faudra s’en séparer quelques heures, mais le retrouver bien vite, dès les félicitations prononcées et le champagne sablé.
Il y a cette autre dont la fille est aussi maintenant Docteur, qui le jour J demande qu’on lui fasse les présentations. Oui, je veux connaître tous tes copains !
Et celle qui depuis dix-huit ans dort dedans sa tombe.
Identité nationale
tout cela ce sont des mots qui...
[...] pied dans la porte en commençant...
Très bien dit.
Merci pour ce billet