Exuviation
Jeudi 2 février 2006Le jour s’est levé. Le soleil m’a tiré d’un sommeil, dernier sommeil près de toi. Ce matin mon corps est lourd, gourd. Je le traîne hors du lit, lesté d’absence, pesant de souvenirs. Avec peine, je file sous la douche salvatrice. Tu t’es rendormie, un peu.
Je m’habille, péniblement. Bientôt prêt. Prêt à partir. Le ventre noué par l’instant qui approche. Je m’asseois près de toi, au bord du lit, pour un au revoir.
- Ça va ?
- Moyen…
J’ai besoin de te serrer dans mes bras. Les mots se bousculent dans ma tête. Ils planent, vautours verbaux, et je te serre contre moi en silence.
J’ai envie d’une vie écrite à quatre mains, d’une vie tracée à deux. Oui, je sais, tu ne peux pas m’offrir cela. Je ne peux pas te le demander. Je ne te le demande pas. Il faut juste que je parte. Besoin d’ailleurs.
Je cherche tes yeux du regard. Les miens débordent, ça y est. Je pleure sans bruit sur ton épaule.
C’était le contrat. Nous le savions dès le départ. Faisons, chacun, ce qu’il faut pour être heureux. Prends soin de toi.
Un dernier sourire échangé, un regard encore, et puis je file. Vite, sans me retourner, sans réfléchir, parce que j’ai besoin de sentir l’air glacial du matin me fouetter le visage. Parce que j’ai besoin que le vent endorme ma peau brûlée par les ruisseaux de larmes.
Putain que ça fait mal de faire ce qu’on sait devoir faire pour être heureux.
Vingt ans
Vingt ans et que de chemin(s) parcouru(s)....
Une bise à tous les deux.
1991, année 14 — Je crois que Maman s’est tuée
Je lis ces mots, que j'ai déjà...
84 Charing Cross Road
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